Ma série « Japon, qui es-tu ? », ma solitude et l’envers du décor

A côté de mon métier d’ingénieur, après mon récent voyage au Japon, tout mon temps libre je le consacre en ce moment à monter, écrire, réaliser. Ces dernières années, il m’est arrivé d’avoir des propositions de votre part pour participer à la réalisation de la série « Japon, qui es-tu ? » et cela m’a fait chaud au cœur car je vis une aventure finalement très solitaire quand il s’agit de produire un épisode. Cela ne s’est pas fait car je vis à Paris et la distance géographique ne facilite pas vraiment les échanges.

Depuis des mois (pour ne pas oser dire « des années »), je réfléchis et là je lance un peu une bouteille à la mer. Est-ce que parmi vous, il y aurait des compositeurs qui seraient intéressés pour me proposer leurs créations via leur page SoundCloud par exemple, des traducteurs bilingues japonais/français anglais/français vietnamien/français, éventuellement des monteurs ou même des personnes qui aiment la série et qui souhaitent échanger autour d’un verre sur Paris ? si Oui, écrivez-moi en messages privés.

Je me suis toujours demandé si vous pourriez éventuellement être intéressés pour participer à ce projet. Tout gérer seul, c’est ce que j’ai fait jusqu’à présent depuis des années. J’arrive à un épuisement physique assez important bien que le mental soit toujours aussi fou excité. Préparer les voyages, soigner le cadrage sur place, mise en scène, écriture, montage, voix off, mixage, étalonnage, gérer les réseaux sociaux, traduction des épisodes en langue japonaise ou anglaise sur Youtube / enquête documentaire / compositions musicales… etc… etc… bref il y a tant à faire tout seul et j’aimerais vraiment augmenter la fréquence de mes publications sur YouTube.

Des propositions vraiment attentionnées mais des refus embarrassants…

Je n’ai jamais osé parler de tout ça avec vous car quand je reçois une proposition que je dois refuser, je suis très embarrassé. Je ne veux pas que la personne puisse penser « David-Minh n’aime pas mon travail » ou un truc du genre… car toute création (qui en plus m’a été proposée par l’auteur lui-même) a une valeur humaine inestimable à mes yeux, je sais que la personne a mis tout son coeur dans l’ouvrage. Pour illustrer un exemple de situation embarrassante, voici à peu près les mots d’un échange que j’ai eu après avoir publié un épisode de « Japon qui es-tu ? ». Pour garder l’anonymat de cette personne hyper attentionnée je vais l’appeler Gaston.

Gaston : "wesh David, trop puissant ton dernier épisode, j'ai même été très touché par ton récit et le message de Paix que t'as laissé sur chapitre à Hiroshima. Moi et mes potes on adore ce que tu fais et on produit du son. On aimerait bien que t'écoute nos créations." (son style d'expression un peu décalé du mien m'a fait sourire).

Enchanté je suis allé voir la page et j’ai écouté un des morceaux qu’il m’a recommandé. C’était génial mais c’était… du rap hyper Hardcore ! La qualité était là indéniablement mais je ne trouvais aucune scène où je pouvais introduire leur œuvre. Embarrassé, j’ai tenté d’expliquer les raisons de mon pénible refus car il y avait de l’attention fort derrière. Heureusement pour moi, cette personne m’a compris. Mais cela m’a quand même un peu marqué. Car j’ai refusé un cadeau du coeur d’une personne qui ne demandait rien en retour. Alors pour éviter de revivre ça, je me suis dis « tant pis… avance seul et tu vas y arriver ».

Parfois un décalage entre le désir et la réalité

Dans plusieurs passages dans les précédents épisodes de « Japon qui es-tu ? », il m’est arrivé d’avoir passé plusieurs semaines voire plusieurs mois à réaliser un seul chapitre d’1min30. Car même si c’était « terminé », je sentais que je pouvais faire mieux, surtout des sujets qui me tenaient à coeur. Alors, j’ai laissé » « reposer » le sujet, j’ai laissé mijoter le sujet dans ma tête et un jour, j’ai eu le déclic. J’ai modifié certains plans, j’ai réajusté un son, j’ai réaffuté certains mots de mon récit et j’ai pu enfin être fier de mon sujet qui ne durait qu’1 minute et demi. Et parfois il me faut juste une nuit pour boucler un sujet. J’éprouve parfois de la tristesse quand je sens qu’un chapitre auquel je tiens et sur lequel j’ai passé beaucoup de temps n’a pas eu l’impact que j’aurais voulu produire auprès du public et que curieusement un autre sujet qui me paraissait léger et super facile à monter ait pu générer le plus de réactions.

Les conférences dans plusieurs villes en France, mon métier d’ingénieur à temps plein et la réalisation documentaire, ce sont les 3 vies que je mène en parallèle. Je pense que je vais sûrement devoir réduire ma fréquence côté invitations à faire des conférences et tournée des festivals en France en 2018 pour me consacrer davantage aux épisodes de « Japon, qui es-tu ? ».

« je ne veux pas trahir et bâcler au montage tout le travail que j’ai toujours voulu soigner sur place sous prétexte d’aller vite. »

Depuis mon retour du Japon j’ai mis plus d’1 mois à revoir très rapidement la masse de rushs vidéos tous frais issus de Novembre 2017 dernier. Je viens tout juste de finir de tout découper en sujets et répartir sur les 5 caméras que j’ai utilisées. Au fond de moi, je ressens une énorme impatience car il y a une tonne d’endroits, de sujets, de légendes, d’anecdotes, de rencontres avec des japonais que j’ai envie de mettre en scène dans les prochains épisodes de « Japon, qui es-tu ? ». Mais je ne veux pas non plus trahir et bâcler au montage tout le travail que j’ai toujours voulu soigner sur place sous prétexte d’aller vite. Ma seule contrainte c’est le temps et la résistance physique. Je passe 8h sur un écran toute la journée au travail et j’essaie de faire le maximum pour passer encore des heures et des heures devant mes écrans la nuit. J’essaie tellement d’aller vite que je m’isole et j’avance comme je peux. J’éprouve pas mal de frustrations au fond de moi depuis un certain temps car j’ai conscience que j’ai plein de choses à vous offrir, j’ai conscience d’avoir le potentiel de créer de belles choses et faire encore mieux dans un futur proche mais le manque de temps m’a souvent fait du mal. Parfois jusqu’à atteindre mon moral et craquer.

dans le D.T. Suzuki Museum, Kanazawa, Japon

dans le D.T. Suzuki Museum, Kanazawa, Japon

J’écris ce message sans savoir si j’aurai des réponses mais mon envie de trouver une solution pour vous offrir plus d’épisodes, plus de contenus, me pèse énormément sur la conscience.

En tout cas, je serai ravi de rencontrer des passionnés de culture japonaise et partager notre passion commune ou écouter vos compositions musicales, rien que ça. Rien que de parler de réalisation, partager mon expérience dans le voyage et apprendre des autres, lever la tête de mes écrans et voir des humains, ça serait une joie simple mais importante pour moi.

Je m’excuse un peu pour le caractère désordonné, sans structures, de ce message. J’avais besoin d’exprimer un désir fort auprès de vous : garder et maintenir la volonté de produire des créations le plus professionnellement possible et augmenter la fréquence de publication. Au final, c’est que du bonheur : offrir de nouveaux voyages en vidéo, de nouvelles destinations dans votre série « Japon, qui es-tu ? ».

Merci de m’avoir lu. La solitude dans ce que j’aime vraiment faire me pèse et j’avais besoin de sortir un peu ce que j’avais sur le coeur.

David-Minh TRA

 

 

 

 

 

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David-Minh TRA

David-Minh TRA

Avec sa gueule, on pourrait croire qu'il a dû faire une école d'Ingénieur à Paris et qu'il a passé ses journées à diriger des projets Web... Eh bien ce n'est pas tout à fait faux ! Sauf que ce Nem est aussi et plus que jamais un Reporter et Réalisateur de séries documentaires sur YouTube. Couronné de la 3ème place des meilleurs blogs "Voyages" au Golden Blog Awards Paris 2013, cet artiste autodidacte poursuit la série "Japon, qui es-tu ?" qui a fait sa renommée et n'a qu'une obsession : vous faire voyager et rêver.